Le leader de l’équipe de France s’alignera sur le contre-la-montre des championnats du monde, ce dimanche au Canada. Ambitieux face au redoutable collectionneur belge.

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Après Glasgow (2023), Zurich (2024) et Kigali (2025), Remco Evenepoel vise, ce dimanche à Montréal, un quatrième titre de champion du monde du contre-la-montre. L’an dernier, au Rwanda, le spécialiste belge avait poussé la performance jusqu’à rejoindre et déposer Tadej Pogacar (finalement 4e) parti 2 minutes 30 avant lui. Une démonstration. L’image avait fait le tour de la planète cyclisme.

Un an plus loin, Tadej Pogacar, tombé lourdement sur la Vuelta, blessé et contraint de mettre prématurément un terme à une nouvelle saison faste, est le grand absent des championnats du monde. Sans lui, Remco Evenepoel se détache naturellement comme un candidat aux deux titres arc-en-ciel (contre-la-montre et course en ligne, le 27 septembre). En commençant par le chrono (39,2 km), ce dimanche, plat et technique, en partant de l’avenue du Parc, l’une des grandes artères du centre de Montréal, avant de traverser le fleuve Saint-Laurent pour rejoindre le Circuit Gilles-Villeneuve, cadre du Grand Prix de Formule 1, puis de revenir vers le Vieux-Montréal et de foncer vers l’arrivée en côte au Parc Jeanne-Mance.

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Remco Evenepoel (26 victoires en 49 chronos chez les professionnels, dont 4 en 2026) a peaufiné sa préparation sur le circuit de F1 de circuit de Spielberg, en Autriche. Après avoir, sans trembler, remporté le chrono du Tour de France cet été (entre Evian-les-Bains et Thonon-les-Bains, avec 28 sec d’avance sur Pogacar, 1 min 4 sec sur Skjelmose et 1 min 16 sur Seixas). Sa position, sa puissance, sa cadence, son expérience en font la référence de l’exercice. Parmi ceux qui peuvent le contrarier, figurent l’Italien Filippo Ganna, le Suisse Stefan Küng, le Britannique Callum Thornley, le Suédois Jakob Söderquist, le Tchèque Mathias Vacek, l’Allemand Max Walscheid, le Néerlandais Daan Hoole. Et les Français Bruno Armirail et Paul Seixas (qui aura 20 ans le 24 septembre).

Thomas Voeckler, le sélectionneur de l’équipe de France, assure : « Bruno (Armirail), c’est la valeur sûre. Il progresse d’année en année, même s’il n’a pas 19 ans (32), ce n’est pas un vieux et il continue. Il a aussi changé d’équipe parce qu’il a senti que dans sa nouvelle formation, il pourrait pousser les curseurs encore plus loin en contre-la-montre. On se rappelle au Tour de France, le contre-la-montre qu’il a fait (8e et cheville ouvrière de l’équipe Visma lease a bike lors du contre-la-montre victorieux en ouverture à Barcelone). Les meilleurs spécialistes du monde seront là, mais justement, ça porte bien son nom, c’est un championnat du monde. Le contre-la-montre, on dit souvent que c’est l’épreuve de vérité parce qu’il n’y a pas tellement de stratégie et c’est vrai que chacun est à sa place. Bruno, il va faire la meilleure place possible. Il est ambitieux, tout comme le sera Paul. »

En 2025, Paul Seixas avait pris la 16e place de l’exercice à Kigali. Loin de son ambition. « Paul m’a fait part de cette envie de disputer le chrono, j’en ai discuté avec son équipe (Decathlon CMA CGM). Rémi Cavagna aurait pu également briguer cette place. Paul Seixas s’alignera avec de hautes ambitions. Il ne vient pas pour apprendre. L’année dernière, il avait fait le contre-la-montre, était très remonté contre lui-même (16e, le Lyonnais avait assuré : ‘’J’ai été nul. C’est à des années-lumière de ce que je fais à l’entraînement’’). Et là, qu’est-il capable de faire ? On verra jusqu’où il va nous surprendre et pendant combien de temps encore. Ça sera peut-être le cas ce jour-là. Il l’a préparé. Et contrairement à l’an dernier, il ne sera pas dans le relais mixte (ce lundi 21, l’équipe de France sera composée de Juliette Berthet, Cédrine Kerbaol, Marion Borras, Bruno Armirail, Rémi Cavagna et Jordan Labrosse). » Paul Seixas aime le contre-la-montre. Il a notamment remporté le chrono du Tour de l’Avenir (2025) et celui du Tour du Pays basque (en 2026).

La France ne compte que deux médailles depuis l’entrée du contre-la-montre au programme des championnats du monde en 1994 : Laurent Jalabert (titré en 1997) et Jérôme Coppel (médaillé de bronze en 2015). Faire de l’ombre à Remco Evenepoel ne sera pas aisé et pour atteindre un nouveau podium, la lutte sera âpre. Un quatrième titre offrirait à Remco Evenepoel de rejoindre les recordmen, le Suisse Fabian Cancellara (2006, 2007, 2009 et 2010) et l’Allemand Tony Martin (2011, 2012, 2013 et 2016). Lui qui aimerait devenir le premier coureur à remporter le contre-la-montre et l’épreuve en ligne lors de la même édition. Un doublé qu’il avait signé avec brio lors des Jeux olympiques de Paris 2024…