Auteur du doublé 100 et 200m nage libre, le Roumain s’est dit dimanche enthousiasmé à l’idée d’affronter un jour le Français.
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Vous avez remporté le 200m nage libre vendredi, mais Léon Marchand a été plus rapide que vous lors du relais 4x200m. Que pouvez-vous dire à son sujet ?
David Popovici : Ce que j'ai à dire, je le lui ai déjà dit vendredi après la finale. Je lui ai dit, tout d'abord chapeau, félicitations pour ce très bon temps. Ensuite, j’ai ajouté que notre rivalité pourrait être vraiment formidable si on commençait à s'affronter dans cette épreuve. Je le félicite et j'espère qu'on pourra se retrouver et nager l'un contre l'autre, côte à côte, dans cette épreuve, ce qui, je pense, serait très intéressant.
Cet été, vous vous êtes entraîné avec votre principal rival Pan Zhanle. Que vous a apporté cet entraînement pour vos courses ?
Cela m'a apporté beaucoup de nouvelles informations. J'ai beaucoup observé, beaucoup appris de lui et je suis sûr qu'il a beaucoup appris de moi. C'était un stage d'entraînement ancré sur les valeurs fondamentales du sport : le fair-play, le respect et la volonté d'apprendre les uns des autres. Nous sommes ouverts à l'idée de nous entraîner aux côtés des meilleurs du monde, en particulier sur le 100m nage libre, où il est, pour l'instant, le plus rapide de l'histoire et moi le deuxième. Je pense qu'il n'y avait pas de meilleure combinaison de deux nageurs pour un stage d'entraînement. Ça a donc été très enrichissant et très utile.
Votre objectif est-il de battre son record du monde ?
Absolument. C'est l'un de mes objectifs, l'un de mes principaux objectifs, mais comme je l'ai appris par expérience personnelle, consacrer toute sa vie à un seul objectif, quel qu'il soit et aussi fort que l'on puisse le souhaiter, est assez dangereux. Et comme cela reste l'un de mes plus grands objectifs, je l'accepterai simplement quand cela arrivera. Je ne précipite rien. Je sais que j'y arriverai. Je suis sur la bonne voie et je progresse régulièrement. Quand je reprendrai l'entraînement dans quelques jours, je reviendrai plus fort et plus avisé de l'expérience acquise lors de ces Championnats d'Europe. Nous saurons quelles petites choses ajuster et sur quoi travailler au 100 et au 200.
On compare parfois votre style de nage à une symphonie classique. Vous reconnaissez-vous dans cette description ou est-ce plutôt une bataille lorsque vous nagez ?
C'est clairement les deux. Le calme avant la course joue un rôle important. Je suppose que si je devais faire une comparaison, ce serait aussi calme et paisible qu'une symphonie, je suppose. Mais ensuite, dès qu'on est dans le bassin, on essaie de conserver ce calme autant que possible, cette sérénité, même si ça peut vite se transformer en combat acharné. À ce moment-là, il faut puiser un peu plus dans son potentiel, mais sans aller trop loin, au risque de perdre sa technique. Il faut être capable de se battre comme un chien si nécessaire, tout en gardant son calme sous la pression et sans perdre sa technique. C'est l'un des principaux facteurs qui, d'après mon expérience du moins, font la différence entre une médaille d'or et une sixième place, par exemple.
Vous avez évoqué votre travail sur votre santé mentale cette année. Comment vous sentez-vous ?
Je me sens bien, en bonne santé, et je pense sincèrement qu'il n'y a aucune raison ni aucun avantage à être un athlète aussi titré, rapide et doué si l'on ne prend pas soin de cet aspect. On peut être le meilleur au monde ou de tous les temps, mais si on ne s'en occupe pas correctement, je pense que l'on perd en espérance de vie. Je prends donc d'abord soin de moi en tant qu'être humain, puis en tant qu'athlète, et cela m'aide à devenir un meilleur nageur et un nageur plus rapide dans l'ensemble. Vous savez, être rapide, voire le plus rapide, n'est pas un résultat direct, mais la conséquence d'être bien dans ma peau et en paix avec moi-même.
