Découvrez ce qui a retenu l’attention de notre envoyé spécial pendant une semaine au Centre aquatique olympique de Saint-Denis.
Passer la publicité Passer la publicité
TOPS
Les nouveaux exploits de Léon Marchand
Les superlatifs commencent à sérieusement manquer pour décrire ce que réalise le Toulousain de 24 ans dans les bassins du monde entier. D’autant plus s’il commence à briller sur des épreuves nouvelles, étendant encore un périmètre d’action déjà immense. Ce qu’il a réussi sur le 400m nage libre, en décrochant l’or de main de maître, restera l’un des très grands moments de ces Championnats d’Europe. Parti comme un hors-bord, le quadruple champion olympique a suscité toute une palette d’émotions durant les 3 minutes et 43 secondes de sa course : l’excitation de le voir seul en tête, l’inquiétude de le voir fléchir et d’être repris, et enfin l’admiration absolue de le voir tenir jusqu’au bout, au prix d’un effort laissant le spectateur encore plus hors d’haleine que le principal intéressé. Sublime.
Passer la publicité
L’avènement de Mary-Ambre Moluh
Son sourire aura charmé tout le public, et ses performances encore plus. À 20 ans, elle était annoncée comme la nouvelle star de la natation féminine française. Mary-Ambre Moluh a répondu aux attentes de la plus belle des manières en décrochant le premier titre international de sa carrière à l’occasion du 100m dos, et elle y a ajouté la manière en signant un nouveau record d’Europe de la distance (57’’94), trois jours après… le sien lors de son relais doré du 4x100m 4 nages mixte (57’’99). La jeune femme a du talent, du caractère et une personnalité solaire qui devrait faire le bonheur de la Fédération française pour la décennie à venir.
La bonne humeur communicative d’Albane Cachot et Maxime Grousset
Véritable étuve, la zone mixte – là où les journalistes viennent embêter les athlètes de leurs questions plus ou moins pertinentes – n’est pas toujours l’endroit le plus sympa d’une compétition. Mais sur ces Championnats d’Europe, l’équipe de France ne manquait pas d’atouts pour rendre ce lieu accueillant. Avec en tête de lice la jeune Albane Cachot, dont la bonne humeur et l’enthousiasme permanent étaient un bonheur de chaque interview. À 19 ans, la Toulousaine a «kiffé» sa compétition, et elle a transmis des «good vibes» à tout le monde. Comme Maxime Grousset, le rayon de soleil calédonien, toujours disponible, toujours souriant.
Le niveau général de performance
Certes, il ne s’agissait que de Championnats d’Europe, ce qui, par définition, signifie zéro Américain(e), zéro Australien(ne) ou encore zéro Chinois(e), pour ne citer que ces trois grands pays de la natation mondiale. Pour autant, le niveau de cette compétition aura été particulièrement élevé, avec l’accession à certaines finales nécessitant des temps encore plus rapides que lors des Championnats du monde de Singapour. Et avec aussi des records du monde à la clé. Grand espoir de la natation italienne, Sara Curtis (19 ans) a longtemps dominé les compétitions juniors au niveau mondial et européen, avant d’exploser à Saint-Denis en améliorant par deux fois la meilleure référence du 50m dos, détenue auparavant par l’Australienne Kaylee McKeown (26’’86), pour la porter à 26’’56. Et que dire du moment de grâce de l’Allemand Johannes Liebmann (19 ans également), qui a littéralement pulvérisé le record du monde du 1.500m de l’Américain Bobby Finke aux Jeux de Paris de près de quatre secondes (14’26’’79 contre 14’30’’67) ! Une performance stratosphérique, qui a laissé bouche bée le public et tous ses concurrents.
L’ambiance complètement folle
«C’était extraordinaire. En numéro 1, je mettrais l’ambiance de fou. Je pense que c’est peut-être même tout ce que je vais retenir. Le public français a vraiment été au rendez-vous. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, j’avais quelques espoirs mais là, cela a été vraiment au-dessus de tout ce que j’avais pu imaginer. C’est vrai qu’après avoir connu les Jeux, c’était difficile de faire mieux. Mais là, peut-être justement parce que le stade est plus petit, ça résonne encore plus. On a l’impression qu’ils sont vraiment juste à côté de nous. C’est vraiment une énergie qui est folle et tout le long de mes courses, je les entendais. C’était dingue.» Difficile de mieux résumer l’ambiance de la semaine que ne l’a fait Mary-Ambre Moluh.
FLOPS
Passer la publicité
Les difficultés de Yohann Ndoye-Brouard
Comme Grousset et Marchand, lui aussi a connu une préparation perturbée par quelques pépins physiques, dont une petite commotion cérébrale. Néanmoins, le double médaillé de bronze des Mondiaux de Singapour il y a un an sur le 100 et le 200m dos était attendu comme un candidat à l’or à Saint-Denis. Las, il a été éliminé dès les séries du 200m dos, avant de finir dernier de la finale du 50m dos et au pied du podium du 100m dos. Une vraie déception, qu’il n’a pas cherché à taire. «J’espérais beaucoup mieux. Je me demande même comment j’ai nagé 51"9 il y a un an, parce que je me suis quand même bien entraîné cette année. Donc il va falloir analyser tout ça, comprendre pourquoi je suis à une seconde aujourd’hui de mon meilleur temps.»
La brasse sinistrée dans l’Hexagone
On le savait avant le début de la compétition, et il n’y a pas eu de miracle : la brasse n’est pas le point fort de la France. D’autant plus quand Marchand doit y renoncer pour préserver son adducteur droit. 14e temps en demi-finales du 100m et 15e sur le 50m, Carl Aitkaci n’est pas parvenu à se qualifier pour une finale en individuel. Sur les relais (or du 4x100 4 nages mixte et bronze sur le 4x100m 4 nages masculin), il a plutôt bien tenu son rang, mais la question : jusqu’où pourraient aller les relais français avec un brasseur appartenant au Top 10 mondial ? Chez les femmes, le désert est encore plus important, Chloé Braun n’étant là que pour assurer les relais où elle a perdu entre trois et quatre secondes sur ses concurrentes lors de la finale du relais 4x100m 4 nages féminin. Mais comme le reconnaissait Denis Auguin, le directeur technique national, il est déjà trop tard «pour boucher les trous d’ici les Jeux dans deux ans».
La gestion de la para-natation
Vouloir mettre en valeur la para-natation, en plus d’être une excellente idée, est une nécessité. Encore faut-il le faire bien ? Ce qui n’a pas été le cas lors de ces Championnats d’Europe où seulement quelques courses ont été disséminées ici et là, sans qu’on comprenne bien pourquoi, ni qu’elles soient mises en valeur. D’autant qu’aucun nageur français n’était présent. Pas d’Ugo Didier, pas d’Emeline Pierre pour promouvoir la discipline et… des Championnats d’Europe, les vrais ceux-ci, qui auront lieu du 7 au 12 septembre prochain en Turquie. Alors oui, il fallait le faire, mais pas comme ça…
