Le nouvel entraîneur de l’Asvel s’est exprimé en conférence de presse ce vendredi, à Roland-Garros, à la veille de son premier match officiel, samedi, contre la Chorale.
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Tony Parker, première ! Après avoir effectué ses débuts sur le banc cet été à la tête des U17 français, le quadruple champion NBA avec les Spurs et champion d’Europe 2013 avec les Bleus entamera sa carrière de coach avec l’Asvel samedi, à Roland-Garros, en demi-finale de la Supercoupe LNB. Ce sera face à la Chorale de Roanne, club entraîné par… TJ Parker, son frère. Premier match officiel en forme de clin d’œil pour «TP», qui revient «à (son) premier love», à savoir le parquet, et qui s’est exprimé en conférence de presse ce vendredi après-midi, dans le temple du tennis. Morceaux choisis.
Premier match officiel : «Je suis très détendu, vraiment excité, prêt à relever ce challenge. J’y pensais depuis longtemps, ça me trottait dans la tête de revenir sur les terrains. On est à un jour du premier match officiel, c’est toujours très symbolique et encore plus parce que c’est contre mon frère. Une des premières choses qui me vient en tête, c’est que j’aurais aimé que mon père soit là, c’est l’une des grandes raisons pour lesquelles je suis là aujourd’hui, il se demandait pourquoi je ne faisais pas coach tellement je suis passionné. On y est. C’est un super challenge à relever. On ne pouvait pas écrire meilleur script ! C’est incroyable que ce premier match officiel soit contre lui. Je viens dans son domaine de coach, il a commencé avant moi. Il a été piqué avec mes camps de basket. Ce sera sympa de jouer contre lui».
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Déclic pour devenir coach : «Il n’y a pas vraiment eu de déclic, ça s’est fait avec le temps. Après, il fallait juste savoir comment faire, où commencer, en France, aux États-Unis… Aux États-Unis, il n’y a pas besoin de diplôme, en France oui. Je voulais montrer du respect à ce métier, être humble et partir de zéro. Après avoir parlé avec mon père, Gregg Popovich, Zinédine Zidane ou Thierry Henry qui ont fait cette transition de joueur à entraîneur, tous m’ont confirmé que ce serait bien de retourner à l’école, que ça aide à construire le projet. Il y a eu plein de trucs super intéressants lors de la formation, une promo très bienveillante, j’ai été très bien accompagné et je me sens prêt à démarrer ma carrière d’entraîneur.»
Ça se passe très bien (avec TJ Parker), ce sera toujours mon frère, c’est ma famille et tout le monde sait à quel point je suis proche de ma famille.
Tony Parker
Relations avec son frère TJ, qu’il avait limogé en 2023 à l’Asvel : «Aussi proches qu’avant ? Oui bien sûr. Mais c’est une question qu’il faut lui poser à lui (sourire). Ce n’est jamais simple de couper un entraîneur, encore moins quand c’est ton frère... Il lui a fallu un moment pour digérer, c’est normal. Mais ça se passe très bien, ce sera toujours mon frère, c’est ma famille et tout le monde sait à quel point je suis proche de ma famille. Même s’il y a eu un moment où il a fallu qu’il digère, ce que je comprends très bien, je prends de la hauteur, je suis le grand frère (sourire). Il a été très bon au Bayern, il a su rebondir. Il a fait un choix pas facile de rejoindre Roanne, je n’étais pas très sûr quand il me l’a dit, je me suis demandé dans quoi il se mettait (sourire). Et il a réussi son pari, ils sont en Betclic Elite et on va jouer l’un contre l’autre. C’est incroyable le parcours. Si on m’avait dit ça l’an dernier, entre ma formation et lui au Bayern, on était loin de tout cela !»
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L’influence de Gregg Popovich : «On se parle, mais j’essaie de ne pas trop le déranger. Je parle avec lui, RC Buford, la franchise m’a beaucoup inspiré par rapport à tout ce que je veux mettre en place à l’Asvel. Il y aura beaucoup de Pop, de Vincent Collet, mais aussi ma personnalité et l’ADN que je veux mettre en place. Le basket évolue si vite qu’il faut rester connecté. Mon identité en termes de coaching ? Je ne dis pas grand-chose par rapport à ça. Je vous laisse découvrir. Ce sera aux coachs à scouter».
Vincent Collet et la répartition des rôles : «Il s’occupe de l’attaque, il fait des propositions, on parle beaucoup. Des fois je prends ou pas, le head coach doit trancher. Dounia Issa, c’est la défense. Brian Georges fait le lien entre attaque et défense».
Monaco exclu du championnat ? Je suis dégoûté, je trouve cela terrible.
Tony Parker
Monaco exclu du championnat de France : «Je suis dégoûté, je trouve cela terrible. C’était génial pour le basket français d’avoir une grosse équipe comme ça, de gros joueurs et performante en Euroligue. C’est dommage mais j’espère que d’autres projets vont monter. Gros respect pour tout ce que fait Paris, Le Mans, Bourg… Mais quelque chose de l’envergure de Monaco, je ne sais pas s’il y en aura un aussi gros un jour… C’est dur de faire de gros projets en France.»
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Si l’Asvel continue de rêver en grand pour l’avenir malgré un budget raboté cet été : «Final Four de l’Euroligue à terme ? Ça reste notre objectif. Par rapport à cet été, on paie les pots cassés de Monaco par rapport aux demandes et garanties, mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, le budget est en hausse de 30% par rapport à la saison passée et dans le contexte actuel, c’est dur de faire grandir des budgets en France. Je reste positif et concentré sur l’avenir, je suis là sur le long terme. C’était frustrant cet été mais on a su construire une équipe compétitive en Euroligue et qui peut jouer tous les trophées en France. Ce n’est pas simple de faire ce type de projet en France donc on peut être fier de cela. 24 ou 25 millions d’euros, c’est 6 ou 7 de plus que la saison dernière.»
Un potentiel rapprochement NBA Europe/Euroligue : «Je trouve ça génial, j’ai essayé d’être le pont entre les deux et j’espère qu’on trouvera un accord. C’est ce qui serait le mieux pour le basket européen. Si on peut avoir un rapprochement des deux, ce serait l’idéal».
Entraîneur en NBA : «C’est un rêve mais ce n’est pas ce qui m’anime au quotidien. Je veux faire une bonne saison avec l’Asvel et tirer le basket français vers le haut, mais j’ai encore des choses à apprendre.»
Je n’ai pas d’extra-pression, j’ai toujours vécu avec cela.
Tony Parker
Attendu au tournant en tant qu’ancien grand joueur : «C’est l’histoire de ma vie, je vis avec cela depuis que j’ai 18 ans. Ça ne changera rien, je n’ai pas d’extra-pression. J’ai le sentiment d’avoir toujours vécu avec ça, chez les Spurs, chez les Bleus… C’est comme d’habitude».
Le manque de ressentir la pression au quotidien depuis sa retraite : «J’étais quand même président, il y a une certaine pression, mais au quotidien comme coach, la pression est encore plus forte. J’adore ça. L’adrénaline est comme une drogue, ça manque forcément, tu as envie de vivre des émotions fortes. Cette aventure humaine va être incroyable. Rien n’est garanti, tout peut partir du jour au lendemain, je l’ai appris avec le décès de mon père».
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Les objectifs fixés par le président Parker au coach Parker : «Les ambitions, c’est d’être compétitif en Euroligue, faire mieux que la saison dernière (l’Asvel avait terminé dernière au classement, NDLR), et essayer de tout gagner en France. Ce ne sera pas facile mais ça fait longtemps qu’on n’a pas gagné de trophée. Ça commence à dater, il est temps de gagner un trophée. La culture que je veux mettre en place passe par là».
Propos recueillis en conférence de presse
