La première compétition du genre s’est terminée dimanche à Budapest et a été appréciée par les athlètes et les fans, malgré quelques bémols.
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Pensés pour la télévision avec l'accent mis sur le show, les premiers championnats d'athlétisme Ultimate qui se sont terminés dimanche à Budapest ont été appréciés par les athlètes et les fans, sans toutefois révolutionner le sport. «À chaud, je dirais que ça a plutôt bien marché», se satisfaisait dès dimanche matin le président de la Fédération internationale d'athlétisme, Sebastian Coe. «On est un sport conservateur à la base et je pense qu'on a réussi à bouger un peu les lignes, probablement pas de beaucoup, mais c'est un début.»
En manque de visibilité en dehors des grands championnats (JO, Mondiaux) et consciente de la nécessité de moderniser ses compétitions pour attirer de nouvelles audiences, la Fédération internationale d'athlétisme voyait les championnats Ultimate comme un «incubateur» de changements. Le format a été raccourci, avec trois soirées de compétition et la crème de la crème mondiale, des finales directes (deux tours pour les courses courtes) et des confrontations mises en lumière, le tout dans un décor de jeu vidéo (pelouse noire, sable rose).
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Le résultat a été plutôt convaincant, notamment pour les athlètes ravis du montant des primes (10 millions de dollars de prize money, du jamais vu en athlétisme) et d'avoir été plus mis en avant que d'habitude, avec des présentations léchées et des épreuves qui se chevauchaient moins. «C'était assez bluffant. Pour les athlètes, j'ai trouvé ça vraiment Wow», a raconté la sauteuse en longueur britannique Jazmin Sawyers. «Tout est un peu plus exaltant que lors des championnats du monde», a aussi souri l'Américain Kenny Bednarek, vainqueur du 100m et du 200m à Budapest.
Je pense que c’est un bon pas, un premier pas pour faire évoluer vers le mieux l’athlétisme.
Usian Bolt
Même la légende du sprint Usain Bolt, retraité depuis 2017, a apprécié le spectacle. «Je pense que c'est un bon pas, un premier pas pour faire évoluer vers le mieux l'athlétisme», a souligné le Jamaïcain, «ambassadeur» officiel de la compétition. «Il y a une vibe qui est différente.» Pour les fans, dans les tribunes à guichets fermés ou à la télé, le bilan est également plutôt positif, même s'il y a eu quelques petits ratés. La Fédération internationale espérait par exemple donner beaucoup plus de rythme à la compétition en proposant un format resserré. Mais avec moins d'épreuves en simultané, les moments de flottement se sont finalement multipliés et il fallait bien la musique à plein volume et des speakers ultra enthousiastes pour chauffer le stade.
Les «prédictions de classement» et les «chances de gagner» affichées en début d'épreuves, une bonne idée à destination des fans moins réguliers, ont aussi fait beaucoup réagir car parfois éloignées de la réalité : génie du saut à la perche, Armand Duplantis était par exemple annoncé avec une chance sur trois de l'emporter, quand on prédisait une 13e place - sur 12 partants !- sur le 1.500 m au Britannique Josh Kerr, pourtant immense favori de la course qu'il a d'ailleurs remportée.
Les organisateurs n'ont pas non plus été aidés par la météo fraîche voire humide, peu propice aux grandes performances. Mais finalement, si l'habillage a été modernisé et a peut-être permis de toucher un nouveau public, ce sont les plus vieilles recettes de l'athlétisme - des showmans, des performances, des épreuves à rebondissements - qui ont été les plus efficaces. Dimanche soir, le public a succombé au charme du sauteur en hauteur italien Gianmarco Tamberi, qui a assuré le spectacle dès ses premières barres. En sprint, la domination de Melissa Jefferson-Wooden s’est suffi à elle-même, tout comme le duel pour la victoire à la perche vendredi entre Emmanouil Karalis et Armand Duplantis.
La prochaine édition est prévue en 2028 après les Jeux olympiques de Los Angeles, sans que l'on sache pour l'instant quelles villes sont intéressées pour accueillir l'évènement. L'occasion peut-être d'y intégrer des disciplines qui ont été laissées de côté en Hongrie, comme le poids, le disque ou le triple saut masculin. «Rien n'est fixé dans le marbre, ça peut être différent», souligne Sebastian Coe, qui doit lâcher les rênes de la Fédération l'an prochain.
